Le marathon électoral américain qui dure depuis plus de 2 ans a placé à de nombreuses occasions les femmes à l’avant-scène du milieu politique américain Ainsi, bien que les résultats du 4 novembre soient importants surtout la victoire du duo Obama/Biden quant au nombre de grands électeurs, cette course aura mis en scène plusieurs premières. Toutefois, ce marathon électoral nous a permis d’examiner le sexisme ambiant du milieu politique, mais aussi des médias.

Durant la campagne de Hillary Rodham Clinton, les coups bas vinrent de tous bords, tous côtés. Que ce soit sur ses tailleurs, ses cheveux, son poids, ses cankles, toujours, les médias se concentrèrent sur son corps. La goutte qui fit déborder le vase pour moi fut l’histoire des larmes. Peu importe si c’était de l’opportunisme politique, la réaction médiatique dénonça la féminitude du geste, mais surtout le fait qu’on ne pouvait faire confiance à une femme comme chef d’État vu la faiblesse de ces dernières. En fait, on semblait affirmer que les femmes ne pouvaient aspirer aux plus hauts postes simplement vu leur genre.

Puis, Sarah Palin fut nommée candidate à la vice-présidence du Grand Old Party. Elle s’affichait comme une féministe malgré ses opinions sur les droits reproductifs, l’éducation sexuelle, etc… Ici aussi, il y eut sexisme. Certains médias affirmèrent que si elle ne pouvait empêcher sa fille de tomber enceinte, elle serait incapable de gérer un pays. Au sein même de l’équipe républicaine, on ne lui permit pas de s’adresser aux journalistes autrement que par des opérations photos. Était-elle uniquement sur le ticket pour son apparence physique ? Finalement, des sources dénoncèrent des dépenses astronomiques en vêtements pour ses apparitions publiques. Je doute fortement que ces mêmes sources aient tenté de déterrer les mêmes informations pour les autres candidats. En tant que femme, on l’accusa d’être dépensière à la Marie-Antoinette.

Finalement, Michelle Obama fut scrutée pour diverses raisons. En tant que femme d’un candidat, on s’attendait à une Laura Bush, une femme accueillante gracieusement les invités ou encore au bras de son mari.. Avocate et mère de deux filles, elle a parlé de la conciliation travail-famille. Que ce soit la caricature de Barry Blitt ou la voit décrite comme une terroriste ou encore le « Angry black woman », jamais elle n’eut bonne presse même lorsque le Parti démocrate décida d’adoucir son image pour qu’elle parle de ses enfants, de son mari et de sa vie en tant que femme du candidat, mais pas en tant que femme afro-américaine.

Néanmoins, ces trois femmes ont inspiré, chacune à leur façon bien spéciale, des milliers de filles et de femmes à s’impliquer en politique active. Chacune nous a permis de voir ce que c’est d’être femme et politicienne et oui, les deux sont possibles. Alors, yes we can!