Il me semble que ça fait longtemps que j’ai autant entendu parler de féminisme, mais surtout de la FFQ dans les médias. Ça a commencé avec la vidéo controversée au sujet des soldats/chair à canons en Afghanistan, ce qui a poussé Marie-Claude Lortie à écrire dans La Presse que la FFQ ne représentait plus toutes les femmes et qu’on aurait besoin d’une nouvelle voix. Ce désir de renouveler le mouvement des femmes a été repris à quelques endroits dans les médias et la blogosphère (j’ai lu ça et ça), une trame de fond à la Marche mondiale des femmes qui se déroulait simultanément. Puis, geste d’éclat (scandale!) de la part de 11 femmes: occupation des bureaux de la ministre de la condition féminine, Christine St-Pierre, chose qu’on n’avait pas vue depuis les années 70. Finalement, images de femmes en liesse qui mettent un terme à la MMF à Rimouski.

Ouf. Résultat de cette belle semaine intense: j’ai le féminisme challengé. Je me demande où me situer par rapport à tout ça. Et bien, j’ai tendance à être un peu d’accord avec tout le monde.

On reproche à la FFQ d’être radicale, à l’extrême-gauche, de ne pas être inclusive. Et bien je trouve ça parfait comme ça. Dans chaque mouvement, il faut une aile qui frappe, qui défonce et qui fait mal. C’est souvent grâce à des actions robustes que des gains sont faits. J’apprécie cet organisme précisément pour ça et parce que son militantisme est différent du mien. Je le regarde aller de loin, me disant qu’il attaque un front différent du mien. Un front d’ailleurs qui ne m’a jamais attirée. Je n’ai aucune envie de m’impliquer dans la FFQ. Et ce n’est pas grave. Ça ne me dérange pas que la FFQ ne m’intéresse pas parce que je peux être féministe autrement. Mais est-ce qu’on le sait, ça? Qu’il y a d’autres féminismes que celui de la FFQ?

De là le désir d’entendre de nouvelles voix et ce besoin de renouvellement. Ça ne peut qu’être sain de confronter de nouvelles idées, de débattre et d’élargir ses horizons. Un mouvement, ça le dit, ça doit bouger! Dans les faits, le féminisme est bien vivant, je le constate parce que j’en suis. Mais ce n’est malheureusement pas de cette façon qu’il est dépeint dans les médias en général. Je vois un féminisme monolithique, un genre de bloc lourd à porter, auquel il est difficile de s’agripper et auquel on prête presque automatiquement le radicalisme de la FFQ.

C’est là que je vois l’opportunité des jeunes féministes: se regrouper pour que nos voix portent. Nous le faisons, ici même sur le blogue. Mais pouvons-nous nous considérer comme un organisme alternatif à la FFQ? Pas encore, nous n’en avons pas les moyens… D’ailleurs, voulons-nous nous regrouper dans un modèle comme la FFQ? Est-ce la seule façon d’avoir du poids et de changer les choses? Parlant de moyens, quels sont ceux à notre portée pour nous faire entendre? Vous sentez-vous entendues?

J’aimerais bien vous lire à ce sujet!

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Épilogue: Vous ne trouvez pas qu’en plus de se battre pour la cause des femmes, on se bat contre le mot féminisme comme tel?