Alors qu’on s’interroge en ce moment même sur la définition du masculinisme et ses liens avec l’anti-féminisme sur notre blogue, un colloque sur cette question est prévu au printemps 2012 à l’UQAM. Je vous transmets ici une partie de l’appel de communication. Vous pouvez télécharger le document complet ici.

APPEL DE COMMUNICATIONS
« C’est la faute au féminisme! »
L’antiféminisme en question

Date limite : 1er février 2012

Organisé par le Groupe interdisciplinaire de recherche sur l’antiféminisme (GIRAF)
de l’Institut de recherches et d’études féministes (IREF), Université du Québec à Montréal

Vendredi 20 avril 2012 à l’Université du Québec à Montréal (UQAM)

Thématique :
Si les femmes occidentales d’aujourd’hui sont reconnaissantes pour les luttes qu’ont menées leurs mères et leurs grand-mères, force est de constater que très peu d’entre elles se sentent interpellées par le mouvement et les idées féministes. Considérant les avancées réalisées par les féministes au cours des quarante dernières années en Occident (scolarisation, équité salariale, droit à l’avortement, etc.), le discours dominant (et intériorisé) veut que la liberté des femmes et l’égalité entre les femmes et les hommes soient déjà atteintes et que le féminisme soit inutile, voire nuisible pour la société. Cette conviction nourrit un discours antiféministe qui s’est développé avec la montée du conservatisme et des forces religieuses dans les années 1980, documentée par la politologue Diane Lamoureux. Susan Faludi a identifié ce mouvement à un véritable ressac (backlash) s’apparentant à « une guerre froide » contre les femmes émancipées et les féministes. L’époque est également traversée par un « antiféminisme ordinaire », pour reprendre l’expression de la sociologue Francine Descarries, alors que se développe et se consolide le « masculinisme ». Selon Christine Bard et Florence Rochefort, il existe une multiplicité des formes (humour, discours politiques, littérature, etc.) et de narrations de l’antiféminisme : « c’est la faute au féminisme si… », « le féminisme est allé trop loin », « l’égalité est déjà atteinte », « je suis féministe, mais… », etc. Les actions antiféministes ont des conséquences diverses pour les femmes, les féministes et la société en général : reconduire la naturalité des sexes et des genres, valoriser les valeurs familiales traditionnelles, culpabiliser le féminisme en le rendant responsable de nombreux problèmes sociaux et miner la légitimité du féminisme. L’antiféminisme est aussi un phénomène qui n’affecte pas les femmes de manière homogène selon les catégories sociales spécifiques (orientations et préférences sexuelles, origines ethniques, communautés religieuses, etc.) et les régions du monde où il se déploie.

Face à l’importance du phénomène de l’antiféminisme et des enjeux qu’il soulève, force nous est de constater que les connaissances à ce sujet restent encore limitées. L’objectif de ce colloque est de poser une série de questions et d’essayer d’y répondre collectivement : qu’est-ce que l’antiféminisme? Quelles sont ses différentes formes d’expression? Quels sont les effets de l’antiféminisme? Voici quelques unes des questions pouvant servir de pistes de réflexion aux conférencières et conférenciers. Par ailleurs, les approches favorisant l’intersectionnalité (genre, sexe, âge, « race », orientation sexuelle, religion, classe, etc.) sont les bienvenues. Le colloque se veut interdisciplinaire et encourage la participation de chercheures et de chercheurs en études littéraires, en histoire de l’art, en sciences juridiques, en science politique, en sciences des religions, en sociologie et dans toutes autres disciplines pertinentes.