Ceci est un billet prétentieux littéraire et académique philosophique. You’ve been warned.

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C’était donc l’annuelle déferlante vendredi dernier. FÉMINISTES TO THE MAX, LES GIRLS! On se prend en photo, on marche, on performance, on critique, on écoute, on se rappelle… Puis tranquillement, au fil des prochaines semaines, l’énergie va retomber. Un peu. Retomber juste un peu (parce qu’on le sait, y’a plein de femmes qui lâchent pas la patate jamais). Mais les grosses sorties solidaires, on se garde ça seulement pour quelques occaz par année. Le reste du temps, on s’antagonise…

Je réfléchis, à ce qui nous manque pour travailler ensemble à l’amélioration des conditions de vie de toutes les femmes, et de l’ensemble des personnes qui vivent de l’oppression genrée. (Parce que c’est ça qu’on veut faire à la base, right?) Je me demande qu’est-ce qui fait qu’il est si difficile de mener des luttes côte-à-côte, parce qu’on mène aussi des luttes parallèles, ou des luttes qui vont en diagonale.

Il y a des féministes avec lesquelles je ne suis pas d’accord. Il y a des féministes qui ne seront pas d’accord avec moi. Mêmes mes bon.ne.s ami.e.s féministes, on s’entend pas toujours sur les subtilités d’analyse, l’application pratique des théories, les meilleurs moyens d’action ou tactiques à employer… Mais pourquoi ça, ça devrait nous empêcher de nous trouver des espaces où discuter? contre-argumenter? entendre? questionner? Tant qu’on s’écoute, tant qu’on ne parle pas les unes à la place des autres, tant qu’on n’universalise pas les expériences, tant qu’on ne reproduit pas entre nous des dynamiques patriarcales… Ah mais c’est ça qu’on fait pourtant. Trop fucking souvent.

Je suis contente de voir qu’on s’efforce quand même à créer des lieux où se rencontrer, quitte à exposer nos différences, mais aussi nos points communs. Des lieux comme ce blogue, même si y’a des patates chaudes (*COUGHTRAVAILDUSEXECOUGH*) qu’on évite d’aborder parce que pas moyen de traiter de cette question sans se faire accuser de partisanerie ou de lobbying (whaaat?). Des lieux tels que la démarche des États généraux du féminisme, coordonnés par la FFQ, dans un effort réel d’ouverture au dialogue: entre femmes autochtones et allochtones, entre féministes des centrales syndicales et militantes grassroots, entre générations, entre courants. (Elles ont d’ailleurs eu droit à des accusations de partisanerie aussi.)

J’aimerais qu’on arrête de gosser pour des questions d’alliés problématiques, à l’invitation de Loretta Ross, l’une des fondatrices de SisterSong. Et j’aimerais qu’on pense d’abord notre résistance en fonction des personnes les plus vulnérables dans nos sociétés, comme Dean Spade en explique la nécessité. J’aimerais un féminisme qui checke son privilège.

Je nous souhaite de travailler dans cette voie.

Avant-hier on était le 8 mars. Hier, le 9. Aujourd’hui, le 10. Pis vous, votre féminisme, il sera comment demain?